Comment se faire obéir sans crier?

Tout le monde rêve d’une relation parent/enfant harmonieuse sans cris ni larmes. Malheureusement côté enfant, c’est impossible. Un enfant a besoin d’exprimer ses émotions puisque son cerveau, en plein développement, n’est pas suffisamment mature pour lui permettre de les contrôler. Les émotions sortent très vite et très fort, généralement sous forme corporelle (cris, larmes, roulade à terre…). En revanche, il est possible d’agir du côté des parents. Notre cerveau d’adulte est à maturité et nous sommes en capacité de contrôler nos émotions. Ne pas crier est donc possible mais demande un peu de temps et de travail. Voici quelques clés pour démarrer et se faire obéir sans crier.

Se faire obéir sans crier : quand l’enfant doit réaliser une tâche

  • Engagez-vous physiquement : allez voir votre enfant s’il est dans une autre pièce, accroupissez-vous pour être à sa hauteur, regardez-le dans les yeux, touchez-lui l’épaule….
  • Formulez une demande simple et précise et adaptée à l’âge de votre enfant: donnez une seule information à la fois. Séquencez vos demandes s’il y a plusieurs tâches à réaliser. Par exemple, si vous souhaitez qu’il aille à la douche, demandez lui d’abord de se déshabiller, puis une fois que c’est fait de se rendre dans la salle de bain.
  • Evitez la négation. Elle est mal comprise par les enfants. Dans la demande « ne touches pas » il entend « touche » alors il touche. Préférez quelque chose comme « il faut laisser » « prend plutôt cela »…
  • Évitez d’interrompre votre enfant au cours d’une activité. Il ne comprendra pas pourquoi votre demande est suffisamment importante pour nécessiter d’interrompre son jeu. Il vaut mieux attendre qu’il ai fini pour lui demander ce que vous voulez (cela nécessite de s’organiser et d’anticiper son temps). Si ce n’est pas possible ou si il s’agit de partir du parc par exemple, il faut penser à prévenir votre enfant quelques minutes à l’avance qu’il va falloir bientôt partir.  Puis, par exemple, lui donner une échéance pour qu’il se repère dans le temps « encore 2 tours de toboggan et nous y allons ».
  • Intéressez-vous à son activité permet de l’interrompre en douceur . Par exemple, si vous êtes à la caisse d’un magasin et que votre enfant veut regarder les petits objets près de la caisse. Essayez de remplacer « ne touche pas »  par « oh mais c’est super ce petit jouet ». Accroupissez vous et demandez lui celui qu’il préfère, regardez avec lui , décrivez l’objet. Puis dites lui qu’il est temps de leur dire au revoir et qu’il les retrouvera la prochaine fois que vous reviendrez. Montrez lui comment les ranger et y faire attention. Pour l’avoir expérimenté cela m’a pris moins de temps que de lui répéter plusieurs fois « ne touche pas » pour que finalement tous les jouets soient par terre avec un enfant en larmes.
  • Accompagnez-le dans l’action demandée. Par exemple, s’il s’agit de faire ses devoirs, installez vous, cela l’incitera à vous rejoindre. Autre exemple, pour un enfant tout petit, accompagnez le pour aller mettre le linge sale dans le panier ou pour ranger ses jouets avec lui. Cela l’encouragera et lui montrera comment faire.
  • Si cela ne fonctionne pas, laissez lui le temps d’y venir lorsqu’il sera prêt (par contre ne lâchez pas votre demande). Ou encore, renouvelez la demande quelques minutes plus tard. Votre enfant sentant moins de pression s’opposera moins.

Se faire obéir sans crier : quand l’enfant doit cesser une action

  • Ne cherchez pas à le dominer ou entrer dans une lutte de pouvoir. Vous risquez d’entrer dans un bataille difficile qui aura comme valeur éducative, la soumission. Même si pour vous il y a d’autres messages, c’est ce que votre enfant retiendra en premier. La fois suivante, il ne recommencera pas son action non pas parce qu’elle cause du tort mais parce qu’il a peur des représailles.
  • Évitez d’accuser. Un enfant qui se sent rabaissé est découragé et donc moins enclin à coopérer. Si votre conjoint vous dit « tu as encore oublié de passer l’aspirateur » ou «  as-tu besoin d’aide pour faire le ménage, j’ai remarqué qu’il y avait de la poussière. » Lequel vous donne le plus envie de le faire?
  • Demandez lui son aide en lui montrant que vous vous inquiétez pour lui ou pour vos affaires. « Je préfèrerais que tu dessines sur la table car j’ai envie que les murs restent blancs »  ou bien « Peux-tu poser les ciseaux car j’ai vraiment peur que tu te blesses? »
  • Proposez lui une alternative. Lorsque votre enfant ne veut pas mettre son manteau, vous pouvez lui demander « Veux-tu mettre ton manteau noir ou rouge? ». En ayant le sentiment de choisir votre enfant sera concentré sur son choix et oubliera vite qu’il ne veut pas l’enfiler.
  • Donnez lui l’occasion d’être emphatique. Par exemple, si votre enfant tape un autre enfant, remplacez le « c’est pas gentil » par « oh!!! regarde son visage, il a l’air d’avoir mal. Personne n’aime avoir mal. que peut-on faire pour l’aider à aller mieux? ». Constatez que votre enfant ira plus facilement s’excuser que si vous le réprimandez et lui imposez de le faire. De plus son « pardon » aura une vraie valeur.
  • Remplacez l’accusation par la réparation. Si il renverse son verre d’eau éviter de l’accabler : « qu’est ce que tu as fait? ». Dites lui plutôt « Il y a de l’eau par terre, que peut-on faire pour l’enlever? » ou « peux-tu m’aider à essuyer? ». Votre enfant ne se sentira pas accusé, il aura spontanément envie de rétablir les choses comme elles étaient auparavant. Testé et approuvé.

Pour aller plus loin dans la bienveillance, visitez le blog de Cool Parents Make Happy Kids, Les Super Parents, Papa Positive, Famille Epanouie, Flo les Mains, Happynais… Vous y découvrirez une mine d’expérience de parents bienveillants.

 


Flo les mains, Maman parisienne, 32 ans, accro au DIY, en pleine mutation écologique.

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