Jardins partagés – Quand la campagne s’invite à la ville

    Une (r)évolution pousse dans les coins ombragés des villes, qui ne fourmillent plus seulement de passants pressés et de trottoirs goudronnés. Il est désormais possible de cultiver ses fruits et légumes dans un jardin partagé. Ces jardins sont généralement présents en milieu urbain, gérés par un groupe d’habitants d’un même quartier ou d’une association. Outre la passion de voir les petites graines grandir au fil des jours, ces urbains des temps modernes désormais appelés «rurbains», recherchent aussi à créer un lien social de proximité à une période où les réseaux sociaux ont pris le relais de la vie de quartier. Accessible à tous, une telle oasis urbaine naît et grandit en fonction des attentes et des besoins des habitants. Ouvrez les yeux, peut-être qu’une pépinière se cache sur votre toit…

    Afin de découvrir ces lieux modernes encore trop méconnus, j’ai décidé de m’initier au jardinage et de partir à la rencontre des petites pousses vertes et des mordus de plantation. J’ai alors jeté mon dévolu dans le 11ème arrondissement de Paris, au Jardin Folie-Titon. Je pousse la barrière et suis le petit chemin en bois qui me mène tout droit sur le parc. Au fond, près de la mare remplie de nénuphars, je trouve le petit jardin partagé tant rêvé. Je découvre ainsi ce petit coin de verdure perdu dans la ville. Les plants de tomates côtoient les fleurs qui se gorgent de soleil et les rires des enfants font taire le bruit assourdissant des voitures.

    Un jardin c’est d’abord de belles valeurs humaines

    J’ai ainsi appris qu’un tel jardin se fonde sur des valeurs de solidarité, de convivialité et de partage entre les générations et les cultures. Nul besoin de savoir jardiner, cela s’apprend par l’échange et l’entraide. Lors de ces rencontres, on y apprend donc à bêcher, à planter, à arroser et à prendre le temps. Prendre le temps d’observer, de discuter, de se connaître soi-même et d’apprendre sur les autres, ces personnes que nous voyons parfois tous les jours, mais que nous ignorons la plupart du temps. On observe la nature grandir et on se rappelle ainsi, que la perfection prend du temps et que les choses de la vie ne s’acquièrent pas instantanément mais avec de l’entretien, de la volonté et de la persévérance.

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    Les jardins partagés, c’est quoi?

    Ouvert à tous, ces jardins urbains s’étalent à Paris, sur une superficie de 4,4 hectares. Plus de pesticides, que du compost. Ni même de pollution puisque les végétaux sont plantés dans des bacs et non dans la terre-même. Heureusement, ces jardins communautaires fleurissent un peu partout dans l’Hexagone et il est aussi possible de prendre sa pelle et sa pioche à Bordeaux, Marseille ou encore Lille. Cette liste n’est évidemment non exhaustive et si votre ville ne s’est pas encore engagée sur la voie des jardins collectifs, vous pouvez contacter votre mairie. Elle pourra vous louer des parcelles non utilisées et vous prêter du matériel pour vous aider à débuter! Non, vous n’avez plus d’excuses si vous souhaitez vous lancer dans cette aventure!

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    Le compost, indispensable pour un jardin partagé

    Acteur-clé des jardins partagés, je ne pourrai pas vous quitter sans vous parler du compost. D’un premier abord rebutant, il est toutefois indispensable à la chaîne de plantation écologique. Processus de décomposition des résidus végétaux issus de la cuisine et du jardin, il réduit la quantité de déchets à transporter, à incinérer et est utilisé comme fertilisant naturel. En plus, il est possible dans certains quartiers d’avoir son propre compost et de l’apporter dans des bacs prévus à cet effet. Le concept en voie de développement est une formidable opportunité pour réduire ses déchets!

    Le marc de café, je l’utilise pour le compost mais aussi comme engrais

    D’ici 2030, 80% de la population française sera urbaine. Les campagnes se vident donc peu à peu pour se regrouper dans les villes. Les immeubles, tel du lierre grimpant sur les façades, seront toujours plus nombreux et toujours plus grands. Le jardin dans les grandes villes est donc devenu multiforme. S’il n’est pas nécessairement plus restreint, il est devenu collectif. Il se doit donc d’être convivial à l’ère de notre civilisation. Je vous assure, qu’on s’éprend d’un goût soudain à regarder les abeilles butiner et à chercher une réconciliation avec la nature, pour la plupart d’entre nous inaccessible au quotidien.

    De quoi donner envie de repartir avec son panier rempli de saveurs et de souvenirs. Cultiver son jardin prend finalement tout son sens avec ou sans Voltaire.

    Citoyen-ne-s à l’âme verte des temps moderne, n’hésitez plus, plantez !

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    Eléonore, écolo de la première heure mais assumée depuis peu, je suis actuellement en «transition écologique personnelle». En effet, je suis persuadée que le changement de notre planète vers une durabilité passe par les gestes quotidiens des citoyens et j’aimerais sensibiliser les lecteurs ainsi que mon entourage aux problématiques environnementales.

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